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CENTRE DE DOCUMENTATION • NOUVELLES ACQUISITIONS 2006

Promouvoir la paix

Collectif, Université de Paix, Namur, éd. De Boeck - Université, Bruxelles, 2004, Coll. Les Intelligences Citoyennes, 192 p., ISBN : 2-8041-3818-6

Collectif, Université de Paix, Namur, éd. De Boeck - Université, Bruxelles, 2004, Coll. Les Intelligences Citoyennes, 192 p., ISBN : 2-8041-3818-6 Cet ouvrage collectif, d'auteurs belges spécialisés, se veut une rélexion sur les solutions non-violentes aux conflits. Sa structure, très pédagogique, aérée, se présente comme un manuel, un guide pour l'action pacifiste. Les chapitres sont articulés autour de trois thèmes principaux : les chemins de la paix ou de la violence ; des démarches au service de la paix ; des expériences d'actions pour promouvoir la paix. Parfois un peu trop simple dans des jugements , l'ouvrage a le mérite de nous rappeller (ou donner à réfléchir) des valeurs fondamentales



Boutros Boutros-Ghali et Shimon Pérès : 60 ans de conflit israélo-arabe. Témoignages pour l'Histoire

Entretiens croisés avec André Versaille, éd. Complexe, Bruxelles, 2006, Coll. Questions à l'Histoire, ISBN 2-8048-0070-9, 396 p.

Boutros et Shimon ont plusieurs points communs et quelques solides divergences. Anciens ministres des Affaires étrangères de leurs pays respectifs, l'un a été ancien Secrétaire-général de l'Organisation des Nations Unies, puis de l'Organisation Internationale de la Francophonie, tandis que l'autre fut prix Nobel de la paix et est encore actif dans la vie politique. Hommes d'appareils, de systèmes ou de réseaux académiques, éminences aux longues carrières, ils ont contribués à la réflexion stratégique. Enfin, l'un fut un des acteurs de la paix égypto-israélienne de 1978, et l'autre du processus de paix israélo-palestinien de 1993. A 82 ans, l'un et l'autre, ils en sont au temps de nous laisser leurs Mémoires ! Boutros-Ghali, issu d'une famille patricienne copte d'Egypte, reste un ardent tiers-mondiste et un défenseur de l'honneur des Arabes, tout en reconnaissant un certain nombre d'erreurs et de manquements des régimes arabes et il craint l'islam fondamentaliste ; c'est un " réaliste ", appelé aux affaires par Anouar El Sadate ; cela influe sûrement sur son tempérament pessimiste. Shimon Pérès, né dans une famille juive de Pologne, déjà aux côtés de David Ben Gourion en 1948, ami politique de Moshé Dayan, a été l'un des artisans de la puissance d'Israël et l'un des partisans de solutions négociées ; " colombe ", cela lui donne son profil d'éternel optimiste. Sioniste de conviction, il défend une vision sociale-démocrate de l'économie tout en admettant les pesanteurs du passé. Les deux hommes ont un autre point commun : quelles que fussent leurs réussites, ils ont été et ils sont impopulaires dans leurs sociétés respectives !
Evidemment, la question palestinienne, ses origines, ses conséquences et ses perspectives est le grand sujet qui divise les deux interlocuteurs. Ils sont bizarrement assez d'accord sur la personnalité de Yasser Arafat. Ils reconnaissent que l'occasion d'un règlement israélo-palestinien a été manquée lors des accords de Camp David, en 1978, tant à cause du refus des organisations palestiniennes que de la volonté israélienne de paix séparées. On peut bien évidemment pointer, dans ce dialogue véritable, ce qui aurait mérité plus de développements : les coulisses de la Guerre froide, le fonctionnement des superpuissances en ce qui concerne le Moyen-Orient, le monde vu du haut du building de verre des Nations unies… Il faut relever ici le remarquable travail d'André Versaille, meneur du débat. Ses questions pertinentes et argumentées sur l'Histoire relancent les sujets, parfois sur un ton provocateur, suscitent des réflexions personnelles, au-delà des faits, sur le sens des choses. Ce qui n'empêche pas que l'ouvrage se présente sous une structure chronologique rigoureuse. Cela donne envie d'en apprendre plus, de creuser les pistes de réflexion !



Géopolitique du Congo

Marie-France Cros et François Misser, éd. Complexe, Bruxelles, 2006, Coll. Géopolitique des Etats du monde (n°12 ), 143 pages, ISBN : 2-8048-0071-7

Après 32 ans de dictature mobutiste et une décennie de guerre, le Congo-Kinshasa doit organiser, en 2006, ses premières élections libres depuis l'indépendance en 1960. Et reconstruire l'Etat. Il s'agit d'un véritable défi, au vu de la profondeur de la crise économique, éthique et politique qui perdure dans ce pays immense, objet de toutes les convoitises, en passe de devenir le plus peuplé des pays francophones.
Il était impératif que cette collection belge " Géopolitique " présente enfin un ouvrage sur le Congo ! Comme pour l'Afrique du sud, la connaissance des identités ethniques, sous l'identité nationale, zaïroise ou congolaise, est une clef indispensable. De même, les enjeux économiques, en particulier le " scandale géologique " des matières premières et la présentation, très réussie, de l'enjeu du " château d'eau " de l'Afrique, sont essentiels pour saisir les causes de conflits. Si les éléments géopolitiques et historiques sont bien décrits, on aurait aimé plus de données sur le développement socio-économique du pays et de ses composantes. De même, une question de fond reste après lecture : si le Congo a bien régressé dans plusieurs domaines depuis la fin de la colonisation belge, on aurait aimé des explications plus globales et plus affinées que par la clef principale du manque d'investissements.



Le nouvel espace africain et ses fondements

Issa Ben Yacine Diallo, éd. Bruylant, Bruxelles, 2005, Coll. Axes Savoir n°29, 368 pages, ISBN : 2-8027-2127-5, prix : 42 €

Diallo, diplomate de carrière et fonctionnaire international, est un de ces sages africains, au verbe magnifique, qui ont une pensée du monde simple et sophistiqué. Ce nouvel espace est une entité une et indivisible, qui n'existe pas encore politiquement et reste à construire. La clef d'un tel défi reste l'éducation.
L'Afrique se trouve prise dans un tournant, entre la colonisation et la mondialisation. L'on a bien compris que l'indépendance n'est pas une fin en soi. Le bon modèle de développement, dans un monde devenu communicant et inter-dépendant, ne peut être ni l'imitation des autres, ni le repli sur soi. Il n'existe pas de voie royale. Il faut de meilleurs Etats, loin de la dictature : la démocratie est une conquête, pas un concept. Enfin, I.BY. Diallo ne croit pas que l'avenir soit prédestiné mais passe par la volonté des habitants d'un continent, qui cesseront de subir. Il fait une fine analyse comparative du monde : des raisons de l'hégémonie de l'Occident, de son long chemin, de ce qu'il appelle dix siècles de mondialisation ; des différents modes de développements. Il rappelle l'héritage, matériel et spirituel, de l'Afrique, ses fondements, qui bien interprétés en regard de ce qu'est le reste du monde, peuvent aider à sa réussite globale.



L'Europe et l'OTAN face aux défis des élargissements de 1952 et 1954
Actes du Colloque organisé par le Centre d'études d'histoire de la défense et l'Université de Paris I - Panthéon Sorbonne, les 22, 23 et 24 janvier 2004

Collectif, éd. Bruylant, Bruxelles, 2005, Coll. Organisation Internationale et Relations Internationales, 282 pages, ISBN : 2-8027-2126-7, prix : 55 €

Au moment où l'OTAN s'élargit et se transforme, il a paru utile de faire appel à l'histoire et de s'interroger sur les problématiques qui ont présidé aux deux premiers élargissements de l'Alliance Atlantique : en 1952 pour la Grèce et la Turquie et en 1954 pour la République Fédérale d'Allemagne. La logique des élargissements d'aujourd'hui est certes distincte de celle d'hier, mais la récurrence de certains thèmes - Balkans ou construction européenne pour ne citer qu'eux - apparaît d'une actualité brûlante.
Les interventions sont articulées autour de trois thèmes principaux : le processus de décision politique parmi les pays membres fondateurs ; la réception des élargissements ; l'adaptation des forces armées et des politiques de défense.



Terrorisme international et marchés de la violence

Martin Kalulambi Pongo et Tristan Landry, Presses Universitaires de Laval, Sainte-Foy (Québec), 2005, Coll. Nord-Sud, 144 pages, ISBN : 2-7637-8251-5

Les marchés de la violence se développent là où les Etats sont affaiblis, dans les situations de guerre civiles, les zones de non-droit. Marchés de violence : espaces où se négocient divers intérêts individuels et collectifs ; suppose une dimension d'échange et de bénéfices d'ordre politique, économique et socio-culturel. Les acteurs, internes comme externes, s'adonnent à des actions et des pratiques diverses, mus par des comportements rationnels. Le contrôle des matières premières, par exemple, est un enjeu d'échange global, afin de s'approvisionner en armes, nourriture, etc. Il s'agit ici autant de guérillas, de rébellions que de groupes terroristes, dont les actions sont perçues, au-delà de l'idéologie, dans leurs mécaniques réelles. Forcément, les organisations politiques se mêlent tôt ou tard aux organisations criminelles.
Le terrorisme international est envisagé dans cette perspective : ses acteurs, divers, exécutent des actions spectaculaires, assimilables aux crimes de guerre, dans une économie médiatique. Les théories américaines sur le terrorisme sont ici remises en question, tout comme les politiques contre-terroristes mises en place après le 11-Septembre. Bien entendu, les relations nord-sud, le développement économique et la pression de la globalisation sont mis en lumière dans les soubassements de la violence. Le livre ne prétend pas répondre à toutes les vastes questions abordées mais donne un fil conducteur, des références utiles. Il y a un défaut de construction, un hiatus entre les deux parties consacrées aux marchés de la violence et celle sur le terrorisme international. Dans un aspect comme dans l'autre, le livre décrit bien les incohérences des politiques occidentales mais ne rend pas assez compte des conséquences tant de la géopolitique soviétique, dans l'ancien bloc de l'Est comme dans le tiers-monde, que des politiques d'essaimage idéologique des pays islamiques producteurs de pétrole.



Peacebuilding and Civil Society in Bosnia-Herzegovina, Ten Years after Dayton

Ed. by Martina Fischer, Berghof Research Center for Constructive Conflict Management, Berlin, Lit Verlag, Berlin, 2006, 485 p., ISBN : 3-8258-8793-6, prix : 29,90 €

Les accords américains de Dayton ont mis fin en 1995 à la guerre en Bosnie-Herzégovine entre les belligérants, Serbes, Croates et Musulmans. Dix ans après, auteurs bosniaques et experts internationaux s'expriment sur les premiers constats de la période d'après-guerre.
La société bosniaque est-elle encore marquée par les divisions du conflits ? Les efforts de consolidation de la paix se sont-ils occupés des causes profondes ? Quels ont été les obstacles internes et les limites internationales à la résolution du conflit ? Où en est la société civile bosniaque et en quoi contribue-t-elle à la reconstruction de l'Etat et à la démocratisation ? Quels sont les perspectives communes pour les peuples de l'ex-Yougoslavie ? Et les réfugiés ?



Budgeting for the Military Sector in Africa. The processes and Mechanisms of Control

Ed. by Wuyi Omitoogun an Eoe Hutchful, Stockholm International Peace Research Intitute (SIPRI), Stockholm, Oxford University Press, Oxford, 2006, 293 p., ISBN : 0-19-926266-7

Le livre décrit et analyse les processus budgétaires de 8 pays africains : Ethiopie, Ghana, Kenya, Mali, Mozambique, Nigeria, Sierra Leone et Afrique du sud. Bien entendu, des ajustements et des correctifs s'imposent, mais la réalité du terrain nous apprend qu'en plus des matériels et des effectifs, l'on s'y intéresse aux coopérations, aux missions et à l'éthique. Au-delà de ces études de cas particuliers, réalisées chacune par un spécialiste, un chapitre de synthèse fournit une analyse comparative. Comme toujours dans les publications du SIPRI, la littérature, de bon niveau, est bien étayée par les tableaux, les statistiques, les notes. En plus de la confidentialité propre aux départements de la défense, une idée courante veut que l'on ne dispose pas de beaucoup d'éléments sur les moyens et les missions des armées africaines : ce livre prouve le contraire, au moins dans certains cas. Il se dégage un modèle de " bonne pratique en matière de budget militaire ". Sur ces bases, l'ouvrage se termine par des recommandations aux gouvernements des pays africains et à la communauté internationale.



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